Littérature étrangère

  • komodo

    David Vann

    Sur l'invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l'île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C'est aussi l'occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s'est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancoeurs et de reproches. Dès lors, un duel s'engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l'intérieur d'elle-même, jusqu'à atteindre un point de non-retour.

  • Danny et Maeve, un frère et une soeur unis par un amour indéfectible, ne cessent de revenir devant leur ancienne demeure se heurter aux vitres d'un passé douloureux. Cette imposante Maison hollandaise, écrin des joies et des peines de leur enfance, source de leurs malheurs, les attire comme un aimant. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett, en déchiffreuse éclairée de l'âme humaine, signe un roman pénétrant sur l'abandon, le pardon, les liens filiaux et le rapport que chacun d'entre nous entretient avec le passé.

  • Pour Michael, partir naviguer en famille une année entière dans les Caraïbes est la dernière chance de sauver son couple. Les années l'ont éloigné de son épouse Juliet, et le quotidien ne leur suffit plus. Le parfum d'aventure leur insuffle d'abord une bouffée d'énergie, et leurs deux jeunes enfants sont au paradis. Pourtant, Juliet éprouve un sentiment d'échec et s'interroge sur le sens de leur mariage. Une relation imparfaite, et pourtant étrangement nécessaire. Quoi de plus propice à l'introspection que l'immensité du large ? Mais l'océan est avant tout un milieu dangereux où l'imprévu peut frapper à tout moment. Ne s'improvise pas marin qui veut.
    Subtil récit à deux voix, Sous nos pieds l'océan dessine les lignes de force et les fractures d'un couple contrasté, tiraillé entre l'amour de soi et les envies de l'autre.

  • Stanislaus Kaicel (1886-1910), alias Stanley Ketchel, est considéré comme l'un des meilleurs boxeurs poids moyens de l'histoire. D'origine polonaise, il fuit un père alcoolique et violent, vagabonde à travers l'Amérique misérable et trouve une place de videur de saloon dans le Montana. Un monde de mineurs violents, de capitalistes impitoyables et de prostituées au grand coeur, qui va lui donner sa chance. Dur, agressif et sans scrupule, Ketchel monte sur le ring pour vivre une carrière aussi fulgurante que tragique. Surnommé «l'assassin du Michigan», il battra par K.-O. tous les adversaires de sa catégorie pour oser affronter, en 1909, le champion des poids lourds, Jack Johnson, lors d'un match féroce qui deviendra mythique et changera son destin.
    Entre les derniers saloons de l'Ouest sauvage et les grands hôtels de New York, sa destinée de champion maudit, flamboyant et charismatique revêt les accents d'une authentique épopée américaine.

  • Will marche dans Clapham Road. Il doit absolument se procurer sa dose quotidienne d'héroïne avant d'aller travailler. Et il n'a que 57 pence en poche. Nous sommes à Londres, le 6 mai 1986.

    Ainsi commence cet extraordinaire récit autobiographique, qui relate cinq moments clés de la vie de son auteur. Car Will, c'est Will Self, éternel enfant terrible d'une littérature britannique qu'il ne cesse de perturber depuis son premier roman, Vice-Versa, jusqu'à sa trilogie «?moderniste?», Parapluie, Requin, Phone.

    Qu'est-ce qui pousse cet écrivain, l'un des plus doués de sa génération, à revisiter sa jeunesse?? La nostalgie?? Certainement pas. La honte d'avoir été un junky?? C'est peu probable. À l'instar de Joyce écrivant l'admirable Portrait de l'artiste en jeune homme, Will Self revient à la source même de son oeuvre : la crise existentielle d'où jailliront plus tard des romans pleins d'une énergie sauvage.

    Brillant, comique, émouvant, ce livre est un feu d'artifice littéraire unique en son genre.

  • Francie a huit ans quand la dépression de sa mère, Elaine, vient bouleverser à jamais son existence. Recueillie par son oncle et sa tante, Francie grandit entourée d'affection auprès de sa cousine Vicky. Malgré tout, elle vit une jeunesse singulière, détachée du réel, habitée par la peur de la folie. Mère et fille tracent dès lors leur chemin : l'une survit, l'autre se construit en s'efforçant de « ralentir le monde » et de sonder ses souvenirs d'enfance.

    Mais comme toujours dans les romans d'Aimee Bender, la fantaisie règne : un insecte décorant un abat-jour prend vie puis s'échappe, une fleur brodée sur un rideau tombe au sol, bien palpable... L'imaginaire devient le lieu le plus propice à la découverte de vérités profondes.

    Un papillon, un scarabée, une rose est avant tout le récit d'une transformation : du chaos au pardon, de l'incompréhension à la résilience.

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